Communication
Mercredi, 29 Juillet 2009 01:43

Le marketing sonore

Written by K.E.G
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Le marketing sonore est une composante phare du marketing sensoriel, il constitue un concept assez récent. Comment mettre en valeur un produit, une marque ou encore un lieu de vente en sollicitant l’ouïe ?

Les professionnels du marketing ont compris que l’ouïe était un sens incontournable, et qu’il devait absolument être exploité dans toute campagne de communication. Le marketing sonore doit en effet permettre de représenter et de définir les valeurs de la marque, du produit. Le client doit également être en mesure d’identifier rapidement la marque grâce au marketing sonore : une musique, un jingle ou une voix doivent permettre de se différencier par rapport à la concurrence. La marque Leclerc, par exemple, utilise dans toutes ses publicités à la radio les même voix pour vanter ses offres promotionnelles. Cela permet aux auditeurs de reconnaître la marque à chaque fois qu’ils entendent ces voix, qui ont l’effet d’un jingle.

L’influence de la musique est d’autant plus efficace qu’elle est perçue inconsciemment par les consommateurs. Ainsi, sur les points de vente, il est important d’utiliser les techniques du marketing sonore. L’utilisation de la musique dans les surfaces commerciales n’est pas récente, et diverses études ont montré que la musique influe sur la perception du temps dont disposent les acheteurs. La musique classique aurait beaucoup d’effet sur les consommateurs, et les musiques connues du moment auraient des impacts importants sur le temps passé sur le point de vente et les sommes dépensées. Une musique douce incite ainsi à la flânerie, tandis qu’une musique plus dynamique rend le client plus pressé.
Sur le Web, le marketing sonore est aussi un moyen d’augmenter la fréquentation d’un site, et la nouvelle tendance dans ce domaine est d’identifier les internautes et de leur proposer des musiques différentes suivant leur profil.
Le son particulier d’un produit permet de le différencier des autres et de renseigner le consommateur sur ses qualités intrinsèques. L’entreprise Harley Davidson, par exemple, a étudié scrupuleusement le bruit des moteurs de ses motos et en fait un argument de vente. Le son de ces moteurs serait unique et devrait susciter l’envie chez les clients. De même, les constructeurs automobiles utilisent les techniques du marketing sonore afin d’optimiser la vente de leurs voitures. Ainsi le bruit d’une portière d’une voiture de luxe doit être franc et sourd afin de mieux représenter l’image de luxe et de solidité chez le client.
En électroménager, les fabricants cherchent à démarquer leurs produits grâce aux sons de leurs boutons, propres à leurs marques. Les fabricants de jouets utilisent, eux aussi, les mêmes techniques.
Le marketing sonore permet donc à une entreprise de se différencier, ce qui est particulièrement important dans un contexte marqué par l’explosion de l’offre. L’ouïe ne doit donc pas être oubliée dans une campagne de communication.

Accès aux autres sens :

1) Le marketing visuel :

La vue est le sens le plus sollicité car le plus stimulé par l’environnement. Le choix des couleurs et des formes pour la conception d’un produit, de l’aménagement d’un point de vente ou de la réalisation d’une campagne publicitaire constitue un facteur de succès utilisé depuis longtemps.

Au sein du marketing sensoriel, on retrouve en premier lieu le marketing visuel - ou l’utilisation du beau dans une stratégie commerciale. Le marketing visuel est utilisé par les professionnels du marketing depuis de nombreuses années. La vue est en effet le sens le plus sollicité car le plus stimulé par l’environnement.
D’après Abraham Maslow, l’homme a de tout temps eu un besoin existentiel d’esthétisme. La « quête du beau » commence lorsque les besoins fondamentaux sont assurés et ne finit jamais : comme l’évoquait Baudelaire dans La Beauté. Cette quête du Beau est éternelle.
Le choix des couleurs et des formes pour la conception d’un produit, de l’aménagement d’un point de vente ou de la réalisation d’une campagne publicitaire constitue un facteur de succès utilisé depuis longtemps. La société de consommation et l’explosion de l’offre des produits ont eu comme effet de démultiplier les pouvoirs du marketing visuel afin de s’adapter aux exigences des clients : pour bien se vendre, un produit ou un service doit être mis en valeur. Sur le lieu de vente, les choix du visuel, du packaging, des couleurs sont primordiaux : ces formes et couleurs déclenchent inconsciemment chez le consommateur des réactions émotionnelles l’influençant ainsi sur sa perception du produit ou du lieu de vente. Le marketing visuel favorise de façon importante l’acte d’achat : son pouvoir est immense.
La part du visuel dans tout marketing est prépondérante, c’est en effet le premier contact que l’on a avec les clients et c’est ce qui va déclencher l’acte d’achat. La vue est le sens le plus mis en valeur dans les campagnes marketing des entreprises, et c’est celui qu’il est primordial de satisfaire.
Dans une concession automobile par exemple, la position des voitures, l’éclairage, les couleurs des modèles exposés : rien n’est laissé au hasard. Chaque élément est étudié minutieusement afin de combler l’envie d’esthétisme du client.
Apple a bâti sa stratégie commerciale autour du marketing visuel, ce qui créa une forte valeur ajoutée tant pour les ordinateurs que pour les lecteurs MP3. Les couleurs acidulées de ces produits, leurs formes modernes, tout est fait pour séduire le consommateur. En quête d’esthétisme, le client choisira plus facilement un produit qu’il trouve beau qu’un autre. Ainsi, l’ordinateur devient un produit design, presque décoratif.
L’évolution récente du marketing visuel s’est effectuée avec les nouvelles technologies : grâce à des écrans plats, les visuels modernes font défiler des images attrayantes sur les points de vente. Les agences immobilières de dernière génération s’équipent d’écrans plats afin de montrer aux clients des images variées de propriétés. Ces images suscitent le rêve des clients et les poussent à vouloir acheter. La même technique est utilisée pour les agences de voyage modernes : les écrans plats peuvent être positionnés dans la vitrine, des images de sable blanc et de mer turquoise invitent les clients au voyage et les entraînent à pousser la porte.
Le marketing visuel mérite donc une attention particulière dans toute campagne de communication, et les nouvelles technologies sont aujourd’hui à son service afin d’optimiser l’attrait d’un produit, d’une marque ou encore d’un point de vente.

2) Le marketing olfactif :

Les souvenirs olfactifs s’acquièrent dès la petite enfance et durent quelques années contre quelques mois pour les souvenirs visuels. Il est donc primordial de solliciter ce sens dès lors qu’on veut mettre en avant un produit, une marque ou un point de vente.

Le marketing olfactif - ou l’utilisation des odeurs à des fins mercantiles - est l'un des composants du marketing sensoriel.
Depuis deux décennies environ, les professionnels du marketing ont découvert les pouvoirs de l’odeur dans une campagne de communication. Ce sens était en effet quelque peu oublié auparavant car il fallait mettre en œuvre des technologies assez sophistiquées pour le solliciter. Pourtant, c’est la mémoire olfactive qui est la plus efficace : les souvenirs olfactifs s’acquièrent dès la petite enfance et durent quelques années contre quelques mois pour les souvenirs visuels. Il est donc primordial de solliciter ce sens dès lors qu’on veut mettre en avant un produit, une marque ou un point de vente.
On a tous au moins une fois vécu l’expérience d’être attiré dans un restaurant, dans une boulangerie, ou même dans une boutique grâce aux odeurs propagées. Ces odeurs déclenchent inconsciemment chez le consommateur tout un processus émotionnel. En ce sens, de nombreuses expériences ont montré que les odeurs avaient un impact lourd sur le comportement des acheteurs et faisaient perdre toute notion de temps. Il est donc naturel que les spécialistes du marketing recherchent aujourd’hui des moyens toujours plus sophistiqués afin d’optimiser les ventes d’une marque ou d’un point de vente au moyen du marketing sensoriel.
Il est évident que les consommateurs préfèrent se rendre dans des points de vente aux odeurs agréables ; certains passants peuvent même être attirés par des odeurs avant de franchir le seuil d’une boutique. Certaines enseignes jouent sur cet aspect, comme Séphora ou Nature et Découvertes… Dans les villages du Club Med situés dans les îles lointaines, les cartes postales sont parfois parfumées au Monoï et fleurs exotiques pour inspirer l’envie et le dépaysement à ceux qui les reçoivent.
Le marketing olfactif est une étape essentielle pour vendre des produits cosmétiques : désormais l’odeur des crèmes est primordiale. Pour se différencier de la concurrence, les grandes marques de cosmétiques attachent une grande importance à l’odeur de leurs produits, à l’instar de Caudalie et de ses crèmes au raisin. De même, l’odeur fait vendre les produits d’entretien (Monsieur Propre au citron, Mir vaisselle à la mangue…). Grâce aux odeurs, ces produits n’évoquent plus simplement la propreté mais permettent aussi un moment de plaisir et d’évasion aux utilisateurs.
On peut aussi prendre l’exemple de la marque 3M qui commercialise des Post-it à la fraise, ayant comme cible les jeunes filles. Ces produits, comme les stylos parfumés aux fruits de Bic ont un succès fou chez les adolescentes, qui collectionnent les parfums. L’écriture prend ainsi une nouvelle dimension.
Les professionnels du marketing recherchent des nouvelles solutions sophistiquées afin de mettre en place des packagings olfactifs. Un diffuseur d’odeurs (« SmellBox ») a été créé pour se brancher sur un ordinateur ou sur un lecteur DVD permettant grâce à des cartouches d’odeurs de diffuser des parfums en adéquation avec les images regardées. Les marques pourront bientôt lors de leurs campagnes de communication, transmettre aux consommateurs leurs propres cartouches d’odeurs afin de faire connaître leurs nouveaux produits. Cette « SmellBox » peut également être utilisée sur le lieu de vente.
Une fois de plus, on peut s’apercevoir que le marketing de demain est un marketing polysensoriel, au sein duquel l’odorat ne doit pas être négligé.

3) Le marketing gustatif :

Avec le goût, les professionnels du marketing ne peuvent pas tricher : si le consommateur n’apprécie pas le produit, il ne le rachètera pas. Toutefois, des techniques issues du marketing gustatif peuvent être utilisées à des fins commerciales dans divers domaines.

Au sein du marketing sensoriel, on y trouve le marketing gustatif. Avec le goût, les professionnels du marketing ne peuvent pas tricher : si le consommateur n’apprécie pas le produit, il ne le rachètera pas. Toutefois, des techniques issues du marketing gustatif peuvent être utilisées à des fins commerciales dans divers domaines.
Dans les grandes surfaces, le marketing gustatif est une pratique assez courante : les petits producteurs tout comme les industries agroalimentaires les plus connues viennent proposer aux consommateurs leurs produits, et plus spécifiquement leurs nouveautés. Cette pratique est généralement appréciée des consommateurs et se révèle être génératrice de ventes. Les clients, séduits sur le moment par des produits, n’hésitent alors pas à les acheter. On peut goûter de tout : du jus de fruit à la charcuterie en passant par le fromage. En grande surface, les dégustations sont la plupart du temps appréciées des clients. Le marketing gustatif est tout de même difficile à mettre en place pour tous les produits.
Il est bien sûr évident que le marketing gustatif est appliqué presque exclusivement aux produits alimentaires, même si l’on peut relever quelques exceptions : pour promouvoir des produits, on l’utilise parfois. Par exemple, dans la boutique Mauboussin des Champs Elysées, les bijoux sont mis en valeur grâce à une fondue au chocolat accessible à tous. De même des bonbons sont parfois offerts à la caisse des stations essences… On peut retrouver le marketing gustatif sous plusieurs formes, et ces efforts sont souvent récompensés, car le client l’apprécie. De même, pour les dentifrices, le marketing gustatif permet aux différentes marques de se différencier : Colgate sort un dentifrice au Bubble Gum et la gamme Vademecum exploite les plantes (sauge, thym…)
Le concept de marketing gustatif a beaucoup évolué ces dernières années. On peut aujourd’hui assister en quelque sorte à une mondialisation du goût : les nouvelles saveurs du monde entier voyagent et deviennent à la mode. Les industries agroalimentaires doivent en effet s’adapter aux cultures internationales. Les épices et saveurs d’ailleurs sont très vendeurs : la nouvelle vague venue d’Asie avec les sushis, makis, sashimis… connaît un grand succès. Les industries agroalimentaires, dans une large majorité, possèdent leurs propres « laboratoires gustatifs» qui testent les nouvelles tendances, et créent des nouveautés avec comme objectif de séduire les consommateurs et de satisfaire leurs envies.
Le marketing gustatif relève donc d’études précises et doit s’adapter sans cesse aux nouvelles saveurs à la mode. Il existe en effet des « modes gustatives ». Toutefois le marketing gustatif est difficilement généralisable car le goût est propre à chaque individu, encore plus que tous les autres sens. Le mélange sucré-salé, par exemple, peut être très apprécié chez certains et repoussant pour d’autres. D’où la très grande variété de gamme des produits alimentaires.
Des écoles ont vus le jour récemment afin d’apprendre ces techniques aux acteurs des industries agroalimentaires : l’institut supérieur du marketing du goût ou « sup de goût » par exemple.
Le marketing moderne prend donc en considération les variables du marketing gustatif et leurs caractéristiques. Il reste encore à explorer de nombreuses saveurs et « modes gustatives » des consommateurs.

4) Le marketing tactile :

Le client a toujours besoin de toucher le produit, de le prendre en main afin de se forger une idée précise sur sa qualité. Le toucher crée une familiarité avec un produit, un service ou un magasin. Le marketing tactile est donc un processus important.

Le marketing tactile, l'un des éléments du marketing sensoriel, utilise le toucher afin d’optimiser les ventes d’un produit ou d’un service, et les professionnels du marketing se sont rendus compte de l’importance de ce sens dans les campagnes de communication. En effet, le client a toujours besoin de toucher le produit, de le prendre en main afin de se forger une idée précise sur sa qualité. Au marché, les consommateurs aiment palper les fruits et légumes, et pensent tester de la sorte la qualité des légumes : sont-ils assez fermes, lisses… Ils vont alors décider d’acheter les produits qui les ont le plus satisfait. Le toucher crée une familiarité avec un produit, un service ou un magasin.
Le marketing tactile est un processus important : le pouvoir du toucher est immense et c’est ce qui le rend incontournable lorsqu’on veut optimiser les ventes de ses produits ou la qualité d’un point de vente. Les industriels recherchent ainsi des formes, des textures et des matières répondant aux demandes actuelles des consommateurs. Le cachemire, par exemple, est une matière très à la mode en ce moment, car sa douceur inspire au consommateur un confort, il se sent protégé et très à l’aise dans cette matière. Certaines enseignes ont donc démocratisé le cachemire, le rendant plus accessible financièrement : Naf Naf, Kookai…
Le produit doit être en parfaite adéquation avec sa texture ou sa matière : toucher un produit renseigne le consommateur sur ses qualités et fonctions. Choisir minutieusement la matière et la forme du produit est un gage de réussite : le client aura envie de prendre en main le produit puis de l’acheter. Dans les magasins de literie par exemple, les gens aiment s’allonger sur les matelas afin de tester leur épaisseur, leur confort, leur texture. Le prix devient en quelque sorte secondaire car le client aura tendance à acheter le matelas sur lequel il se sera senti le mieux.
De même, les industries agroalimentaires exploitent depuis plusieurs années le sens du toucher dans leur campagnes de communication afin de mettre en avant leurs produits. Pour qu’un produit plaise aux enfants et aux adolescents, par exemple, il est important de coupler différentes sensations de toucher. Le fondant s’associera au croquant, comme pour les nouveaux yaourts de La Laitière ou les Danettes dans lesquelles on retrouve des petites billes en chocolat craquant. On peut aussi prendre en exemple toutes les nouvelles variétés de chewing-gum qui associent craquant et cœur liquide. Sur un marché saturé caractérisé par une explosion de l’offre, le marketing tactile peut être un moyen de différencier ses produits et donc d’optimiser ses ventes.
Le marketing tactile peut également s’appliquer à la promotion d’un service : si dans une chambre d’hôtel, les draps sont doux, les oreillers moelleux et les serviettes de bain épaisses, le client se sentira bien et appréciera sont séjour. Il aura donc envie de revenir et gardera une bonne image de l’hôtel.
Le toucher permet également de créer la familiarité avec le point de vente. Dans les boutiques Séphora, par exemple, l’épais tapis rouge invite à la flânerie et participe au bien-être des clients. Ainsi, les clients qui entrent dans la boutique sont incités à rester plus longtemps que dans une autre, et cela maximise les probabilités d’achat. Le client doit se sentir bien accueilli dans le point de vente pour en garder une image positive.
Le marketing moderne exploite aujourd’hui tous les sens, et les professionnels du marketing ont bien compris que le toucher ne devait pas être négligé dans toute campagne de communication. Utiliser le toucher afin d’optimiser les ventes d’un produit ou d’un service se révèle être un gage de réussite : cela apporte à ce produit ou à ce service une forte valeur ajoutée.

Last modified on Mardi, 05 Janvier 2010 17:46
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